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Ma thèse ![]()
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Ceci n'est pas le résumé officiel de
la thèse...
Il a été mis à jour seulement le: 15 juin 1999.
Les travaux entrepris au cours de ma thèse s'inscrivent dans le cadre d'un avant-projet de télédétection spatiale de Matra Marconi Space (MMS).Cette étude s'est basée sur l'approche communément adoptée par le laboratoire d'accueil pour traiter des aspects de géologie terrestre et planétaire, associant des analyses en composantes principales (ACP) à des mélanges spectraux (AMS). La démarche consiste à modéliser le spectre d'un pixel donné comme la combinaison linéaire des spectres d'un système de pôles caractéristiques de l'image, les produits de cette inversion étant les cartes de fractions des différents pôles. La principale difficulté de cette thèse a été d'adapter cette approche à l'étude de la végétation agricole, et en particulier de déterminer un protocole de sélection du jeu de pôles, qui doivent à la fois englober la variété spectrale de la scène étudiée et pouvoir être interprétés en termes d'information utile à l'agriculture.
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J'ai ainsi commencé par manipuler des données de
l'instrument aéroporté Multispectral Infrared and Visible
Imaging Spectrometer (MIVIS), comportant 20 bandes spectrales dans le
domaine visible/proche infrarouge, à 10 m de résolution
spatiale, acquises en 1996 par MMS en Beauce. J'ai alors défini
une approche permettant de caractériser simplement la variabilité
existant au sein d'une monoculture de blé à un stade
phénologique donné (floraison). Cette caractérisation
s'appuie sur deux spectres de blés, le spectre du sol moyen de la
zone étudiée, et un spectre associé aux aspects
d'assombrissements (que j'appellerai "ombre"). Ceci m'a permis de
détecter la présence d'un stress (hydrique et/ou nitrique)
au sein des parcelles de blé, que des informations de terrain ont
par ailleurs corroboré, puis de cartographier l'étendue du
stress grâce à l'AMS. J'ai ensuite montré que les cartes de
fractions peuvent être interprétées en terme de vitalité
de la végétation au sein de la monoculture
considérée. Sur la base de ces cartes, j'ai aussi défini une méthode empirique permettant de spatialiser l'information de vérité terrain de paramètres biophysiques tels que l'indice foliaire (LAI), sur la base d'un nombre de points de mesure très limité (12). Il en a résulté la production d'une carte de LAI de la culture du blé à cette date sur la zone étudiée. Ce travail a donné lieu à la rédaction d'un article, publié dans la revue Remote Sensing of Environment en novembre 1998. Ces résultats ont aussi été présentés à la "First International Conference on Geospatial Information in Agriculture and Forestry" à Orlando en juin 1998. |
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| Image en "couleurs réelles" de la zone de Boigneville en Beauce, à 10 mètres de résolution. Cette image a été obtenue en superposant respectivement les bandes 12, 6, et 1 dans les canaux rouge, vert et bleu. (Lelong, 1999) |
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J'ai ensuite traité des données de l'instrument
aéroporté Compact Airborne Spectrographic Imager
(CASI), comportant cette fois 10 bandes spectrales dans le domaine
visible/proche infrarouge, à 20 m de résolution spatiale,
acquises en 1997 par MMS au Minnesota. Cette campagne comportait une
série de 5 vols à des stades phénologiques
différents, dont un sur du sol nu. Cette étude m'a permis
dans un premier temps de valider l'approche développée pour
les données MIVIS dans un cadre agricole différent, et surtout
sur d'autres monocultures (mais et soja). La première constatation
est que la moindre résolution spatiale (20 m contre 10 m) et le
nombre plus faible de bandes utilisées (10 contre 20) ne sont pas
des facteurs limitants dans cette étude, car ce jeu de données
m'a paru suffisamment discriminant pour les problèmes que
j'ai analysés. Ensuite, il apparaît un certain nombre de
difficultés.
Image en "couleurs réelles" de la zone de Blue Earth au Minnesota, à 20 mètres de résolution. (Lelong, 1999) |
C'est pourquoi je me suis consacrée à un troisième
jeu de données, acquises par CASI à 20 m de résolution
spatiale et dans 11 bandes spectrales, sur la même scène de la Beauce
que pour la première étude. Cette campagne, menée sur
toute la saison 1998 par MMS, comprend aussi 5 vols. J'ai donc appliqué
à nouveau la démarche établie au début de ma
thèse à chaque vol indépendamment, de façon à
en caractériser la variabilité spectrale. Là aussi il
semblerait que le stade de floraison soit plus propice à la
détection d'un stress que les autres stades, notamment en raison du
seuil d'évolution foliaire auquel ce stade correspond, et de la
corrélation entre le LAI et la chlorophylle des cultures à
ce stade (engendrant une plus grande simplicité des spectres
résultants). Toutefois, d'autres caractéristiques ont pu
être mises en exergue, comme une apparition de la sénescence sur
les feuilles basses du couvert végétal. Le stade de
sénescence est quant à lui particulièrement
difficile à appréhender, en raison, entre autres, des
confusions entre la réponse spectrale de la végétation
non photosynthétique et celle du sol.
J'ai par ailleurs suivi l'analyse multitemporelle de la variable
NDVI ébauchée à l'étude
précédente, définissant trois à quatre
tendances d'évolution caractéristiques et produisant
la carte de leurs répartitions respectives au sein de la
scène. Je suis actuellement en phase de confrontation des
différents produits obtenus (stade par stade et multitemporels)
avec les informations de terrain, dans le but de leur interprétation
thématique. D'autre part, je me suis penchée sur une
analyse considérant les données des cinq vols dans leur
ensemble, qui fait surgir des questions de fond sur l'utilisation de
l'AMS. En effet, il semblerait que l'inversion soit "mathématiquement"
applicable à la globalité de ce jeu de données,
mais les cartes résultantes font apparaître des fractions de sol
et d'ombre variant de façon à ajuster le spectre
modélisé à celui du pixel considéré,
sans raison physique apparente au jugé de l'étude stade par
stade. Les mélanges spectraux paraissent à ce niveau une fois
de plus mal adaptés à la description de l'évolution de
la vitalité des cultures au cours du temps.
Je m'intéresse donc à présent à la compréhension physique des cartes de fractions résultant de ces modèles, et en particulier à la validité de l'interprétation qu'on peut en faire. Une image synthétique a été générée au moyen du modèle de réflectance des couverts végétaux SAIL, pour laquelle on a fait varier dans chaque pixel les différents paramètres fondamentaux caractérisant la canopée: LAI, angle d'inclinaison foliaire, hot spot, teneur en chlorophylle de la feuille, teneur en eau de la feuille, paramètre de structure de la feuille, brillance du sol, fraction de couvert végétal, fraction de végétation éclairée, fraction de sol éclairé. J'ai donc suivi sur cette image la même approche que pour les données instrumentales, de façon à déterminer le jeu de pôles caractéristiques de la pseudo-scène, et appliquer l'AMS. Mon travail actuel consiste à comparer les produits de cette inversion (cartes de fractions des spectres de blé le plus et le moins évolués, de sol, et d'ombre) aux paramètres biophysiques associés aux pixels correspondant, dans le but de justifier l'interprétation de ces produits. Ce travail devrait faire l'objet d'une présentation lors du prochain International Conference on Geospatial Information in Agriculture and Forestry.
La fin de mes travaux de thèse devraient ainsi consister à justifier la méthodologie développée, et à en établir les limitations. D'autre part, je souhaite aussi valider la méthode d'estimation empirique de paramètres biophysiques déterminée lors de la première étude, en l'appliquant à ces nouvelles données et en comparant les résultats obtenus aux valeurs estimées pour ces mêmes paramètres par inversion du modèle SAIL.
De façon générale, les études que j'ai conduites ou que je suis en train de finaliser permettent de tester les potentialités ouvertes par les méthodologies hyperspectrales pour l'utilisation de la nouvelle génération de données optiques d'observation spatiale de la Terre, mettant en jeu les aspects multi-angulaires et/ou multitemporels (ex.: instruments POLDER sur ADEOS, MERIS sur ENVISAT, MISR sur EOS, ...).